plusieurs milliers de plumes différentes

La plume d'écriture

 

La plume métallique a eu une durée de vie relativement courte .

Sa fabrication s'est échelonnée de façon industrielle de 1825 à 1960. Depuis le milieu du XXe siècle, le crayon bille a remplacé le porte-plume des écoliers, des comptables, des fonctionnaires et autres. Le stylographe, (porte-plume à réservoir) a subi lui aussi une attaque très forte allant jusqu'à son remplacement par le stylo à cartouches et autres objets traçants à bille et pointe de feutre ou nylon.

 

Les grandes marques de plumes ont été fabriquées en France, à Boulogne sur mer, et en Grande-Bretagne , Londres et Birmingham essentiellement.

  

Les plus importants fabricants ont étés : J.Gillott; - John Mitchell; - Perry;-  William Mitchell;- Hinks & Wells; - Myers; - Blanzy-Poure; - Heitze & Blanckertz; - Baignol & Farjon ; - D. Léonardt; - G. Brandauer; - Soennecken ; - Compagnie Française.

  Leur production représentait 80 % des plumes utilisées dans le monde

 Bien d'autres marques existent (ou ont existé), elles se comptent par centaines. 

Ces industriels attribuaient un nom ou un numéro (souvent les deux) à chaque plume au fur et à mesure de leurs nouvelles fabrications. Les formes et les noms étaient souvent copiés par les fabricants concurrents qui se livraient une lutte acharnée, ce qui nous permet de retrouver aujourd'hui des milliers de plumes différentes par leur forme, leur couleur, leurs inscriptions, noms ou numéros. Plumes qu'il faut essayer de sauver au sein de collections structurées et protégées afin qu'elles ne soient détruites à jamais par la rouille et l'oubli.

 Les noms les plus connus sont: les célèbres Sergent-Major; Henry;  Gauloise;  Velléda;  Falcon;  Princesse;  Départementale; Falcon ; plumes ballon, plume "J" ; plume de ronde etc... Mais si vous prenez le temps de les retrouver, de les observer, de les classer, vous serez surpris de l'immense variété de formes, de découpes et de noms qu'elles portent. Ces noms ont été inspirés par le faste militaire, l'importance de certains personnages, le colonialisme, la littérature, la religion, l'histoire ancienne, la faune et la flore, les bouleversements atmosphériques, les découvertes scientifiques etc…etc… 

Les collectionneurs de plumes d'écritures sont des "calamophilistes". Ils peuvent se retrouver au sein du

"Club des collectionneurs d'objets d'écriture"

 Sont organisées des réunions où se côtoient les collectionneurs de porteplumes, de stylos, encres, encriers, buvards, crayons, porte mines etc…Entre eux, des échanges sont possibles.

  

Pratlt@cegetel.net

 

 

 

La plume Sergent-Major

 

Elle a été fortement conseillée aux maîtres d’écoles pour que les élèves, au travers de l'appellation "sergent-major" aient sans cesse en mémoire l'effort demandé à nos valeureux soldats pour reconquérir l'Alsace et la Lorraine annexées par l'Allemagne à l'issue de la guerre de 1870.

  

Chaque boite de plumes sergent-major (la véritable) fut décorée d'une image aux couleurs attrayantes relatant une victoire ou une grande bataille des armées françaises dirigées par de prestigieux chefs.

  

Après que l'Alsace et la Lorraine aient été rendues à la France  en 1919, l'appellation "sergent-major" devenait le symbole de la victoire. Bien que loin d'être la meilleure des plumes, la Sergent-Major continua d'être très largement utilisée. C'est probablement le dernier modèle de plume écolier à être fabriqué en France car, à pointe dure et fine, elle a été longtemps encore recherchée par les classes de dessin pour les tracés à l’encre de chine.

 

Parce qu'elle a été la plus utilisée par les écoliers, la Sergent-Major est certainement la plume la plus connue des français.

  

Un modèle unique mais de nombreuses différences d’inscriptions, d’appellations, de numéros, de noms de grossistes, ou de papetiers, etc…, ce qui pimente l’intérêt de la recherche pour un collectionneur.

  

Des  centaines de plumes, différentes par le nom ou le numéro qu’elles portent, émanant de multiples fabricants français ou étrangers,  sont des copies de la véritable Sergent-Major éditée par la Compagnie Française (1885 Boulogne sur Mer).

 

 

 

                 

Je me souviens…………………..

 

Je  suis née à Boulogne sur Mer  vers 1885.

   L’école étant devenue obligatoire en France, il m’a fallu rapidement remplacer la plume d’oie ou autres volatiles, le canif taille plume d’un usage trop dangereux n’étant pas adapté aux écoliers.

    Façonnée en acier, forgée, gravée, mise en forme, fendue, trempée, aiguisée afin de permettre une utilisation de longue durée, emmanchée sur un porte plume en bois tout simple droit ou fuselé, brut ou vernis, en métal orné de torsades avec de belles incrustations, en os, en ivoire, publicitaire, ou plus tard hélas en plastique sans âme, on m’a plongé le bec dans l’encrier.

    Sur un  pupitre, un bureau, un écritoire ou sur un coin de table, toujours accompagnée d’un buvard,  j’ai rempli des pages de dictées, rédactions, poésies, textes de morale, problèmes d’arithmétique avec des opérations bien posées, phrases à recopier dix fois par punition suite à une  erreur et que sais-je encore parmi mes souvenirs d’école?

    Trempée dans l’encre rouge on s’est servi de moi pour annoter des "bien, très bien, passable, médiocre ou mauvais" avec en marge des 8/10, 10/10 ou  parfois  seulement  3 ou 4   ou même 0.

    J’ai aussi couvert de mots et belles phrases de jolies feuilles de papier sachant que ce qui est dit et bien dit mérite d’être écrit.

    Malmenée certains jours sur du papier jauni insuffisamment lisse j’ai éclaboussé l’écriture d’encre en pattes de mouche. Parfois sans trop de dommage, parfois avec d’inévitables  et  indélébiles taches.

    Tenue par des mains malhabiles et calleuses aux doigts parfois crasseux de certains garçons plus souvent occupés aux champs qu’à l’école, mais aussi heureusement par de jolies mains propres, fines et douces de jeunes filles ou dames d’un âge avancé, j’ai laissé ma trace sur des lettres d’amour, des recettes de cuisine, des faire-part, des invitations, des carnets de bal.

    Mes plus belles empreintes sont celles laissées sur des actes d’état civil, des actes notariés, des diplômes, sur les étiquettes des tiroirs du quincaillier, sur celles des pots de confiture des grand’mères ou sur les pages d’un journal intime soigneusement caché ; pages toujours agrémentées d’une écriture lente et appliquée avec parfois un petit dessin naïf.

    J’ai aussi écrit des chansons, des ordonnances, des romans, des articles de presse, des secrets, des factures, des discours, des plaidoiries, des contrats, des mandats, des lettres de trahison ou de dénonciation, des règlements, des cartes postales, des étiquettes d’herbiers ou collections d’insectes, des lettres de félicitations, des professions de foi, des horaires de chemins de fer, des correspondances amicales, d’affaires, amoureuses ou relationnelles et certainement plein d’autres choses oubliées.

    Les comptables m’ont fait tracer d’interminables colonnes de chiffres sur de lourds registres et des inventaires à n’en plus finir.

    Chez les restaurateurs je me suis appliquée à rédiger les menus les plus fins, les plus copieux, les plus chers, les plus simples.

    Les soldats m’ont utilisée pour correspondre avec leur famille, leur petite amie ou autres camarades,

les gendarmes m’ont sortie de leur sacoche pour dresser des procès verbaux.

    On m’a utilisée comme instrument de dessin et aussi comme lance boulettes depuis les bancs de l’école.

    C’est dire si j’étais indispensable.

    Jalousée, copiée, imitée, mais jamais égalée, fortement conseillée voire imposée dans les écoles,  je resterai,  moi "La Sergent –Major", la plume d’écriture la plus connue mondialement.

    Sollicitée pour chaque écrit, j’ai répondu présente jusqu’au jour où le déplacement de l’encrier et son remplissage devenant trop fastidieux, on m’a négligée, abandonnée, oubliée, donnant la préférence au crayon à bille qui permettait d’écrire en tout lieu. Jamais ce remplaçant n’aura permis une aussi belle écriture que la mienne.

    Sommeillant pendant des dizaines d’années au fond du tiroir d’une commode remisée au grenier, on m’a retrouvée, observée, portant encore la trace de l’encre séchée ou miraculeusement intacte, comme neuve, dans ma boite d’origine. Et là on a essayé de m’utiliser à nouveau mais, sans la précision du geste, la dextérité d’autrefois et l’amour du travail bien fait, ce fut un échec. 0u bien dans le meilleur des cas  je suis venue me joindre à la collection d’un passionné d’objets d’écriture.

    Ainsi se termine mon histoire, moi

       "la Sergent Major"           PTh.                   

 

                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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    J'ai plaisir à participer périodiquement aux salons des collectionneurs d'objets insolites.

   Si dans votre région un tel événement est prévu prévenez-moi j'étudierai la possibilité d'y participer pour exposer une partie de mes plumes les plus intéressantes, les plus belles, les plus rares.

Paul-Auguste THIBAULT

pratlt@cegetel.net